LE PUY NOTRE DAME

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Un épisode méconnu de l'histoire du village

La renommée de la collégiale du Puy Notre Dame, dotée d'un chapitre c'est à dire d'un collège de moines, nommé par le roi Louis XI, n'est plus à faire.

Vous connaissez moins la magnifique chapelle Saint Sauveur, située vers le fonds du cimetière et jouxtant le bois du stade.

Les deux édifices sont dotés d'une histoire commune depuis une réunion du Conseil Municipal de la cité du 28 février 1853.

En effet l'église, à un moment de la révolution en 1793, a été mise aux enchères et acquise par un ancien moine du chapitre et ancien curé de la paroisse, l'abbé Gallais. Dans l'histoire du village écrite par Madame Métais, on relève qu'un autre auteur, l'abbé Houdebine, reste circonspect sur cette vente. J'ai eu la chance de retrouver une ancienne note de notre ancien maire Pierre Guyard citant cette délibération.

Je me suis empressé de la consulter en mairie et elle confirme cette cession.

En effet entre une vente de 1793 et une délibération de 1853, seulement 60 ans se sont écoulés et il me paraît inimaginable que des élus puissent prendre une délibération sans avoir la preuve et le souvenir de cette opération.Pour une meilleure compréhension de l'intervention de la commune, il faut préciser que la chapelle et l'église ne lui appartenait pas puisque la loi Combes de séparation de l'Eglise et de l'Etat n'est intervenue qu'en 1905. La chapelle du cimetière, grâce aux concours de généreux donateurs venait d'avoir sa toiture entièrement rénovée, la commune ayant participé pour environ la moitié à cette restauration. Le cimetière actuel existait en 1154 et se trouvait certainement ainsi que certains auteurs le prétendent, près de l'ancienne église paroissiale, sur l'emplacement de laquelle a été construite vers 1450 la chapelle Saint Sauveur.

En 1569 les protestants brulèrent cette chapelle.

Les inhumations faites depuis la révolution dans la chapelle Saint Sauveur : 

-Mr Nicolas Guéniveau de la Raye, ancien maire du Puy Notre Dame en 1834,

-Madame Guéniveau, épouse du précédent en 1830,

-Mr Guéniveau, leur fils en 1846.

Je vous livre le texte de cette délibération :

Délibération de la commune du Puy Notre Dame du 28 février 1853.

L'an 1853, le 28 février à une heure de l'après midi.

Sur la convocation spéciale de Monsieur le Maire, le conseil municipal de la commune du Puy Notre Dame s'est réuni en la salle de mairie.

Monsieur le Maire a donné connaissance au conseil d'une demande de plusieurs habitants de la commune auxquels il s'associe tendant à obtenir de l'administration supérieure l'autorisation de faire exhumer les restes de Monsieur Gallais, ancien prêtre, desservant la commune , pour les transporter dans la chapelle du cimetière.

Cette demande est motivée sur ce que Monsieur Gallais a non seulement laissé des souvenirs de bienfaisance gravés dans tous les coeurs mais encore parce que ce vénérable prêtre a sauvé des fureurs révolutionnaires en 1793 la belle église du Puy Notre Dame.

A cette époque néfaste, ce monument historique, qui fait aujourd'hui la gloire du pays, était mis aux enchères publiques pour être démoli, par les vandales de ce mauvais temps. Monsieur Gallais fut alors le dernier enchérisseur et par conséquent l'acquéreur de l'église pour une somme de cinq à six mille francs.

Quand la tourmente révolutionnaire fut passée, il fut heureux de remettre la commune en possession du bâtiment qu'il venait de sauver, sans exiger le remboursement de la somme qu'il avait dépensé pour cet acte magnanime.

Le conseil municipal après avoir délibéré,

Considérant que c'est rendre un juste et légitime hommage à la mémoire de feu Monsieur Gallais que de transporter ses cendres dans la chapelle Saint Sauveur, que cette exhumation ait lieu.

Note complémentaire :

Le chef de l'état était l'empereur Napoléon III, le maire de l'époque était Monsieur Charles Nau et son adjoint Philippe Pasquier

Les autres membres du conseil municipal :

A Lamoureux, Louis Cotilleau, Jean Beauchereau, Leffet, Charles Desplaces, Louis Hunault, Henri Colleau, Jean Villers Roger Hyppolite, Trouillard, présent à la première réunion du conseil du 23 juillet 1852 qui ont juré obéissance à la constitution et fidélité à l'Empire

Autres membres : Mestreau, Falloux, Hery qui étaient absents et qui ont juré par écrit