Dimanche prochain aura lieu le pélerinage de la Sainte Ceinture ,

en présence de Monseigneur Delmas, évêque d'Angers.

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Cette grande manifestation religieuse a toujours été titrée sous ce vocable

 "Pelerinage de la Sainte Ceinture"

en raison de la relique qui a été une des causes de la construction de la collégiale, titre lié à la création du chapître par Louis XI. J'ai retrouvé le texte d'un ancien curé du Puy Notre Dame paru dans l'almanach paroissial de 1912 que je vous transmets avec plaisir littéralement transcrit

LA SAINTE CEINTURE DU PUY NOTRE DAME

 au 18ème siècle par l’Abbé Tusseau

Nos archives paroissiales nous ont transmis le témoignage authentique de la profonde vénération que nos ancêtres avaient pour la Sainte Ceinture.

Nous savons que les miséricordes sans nombre de Marie dans son sanctuaire privilégié du Puy Notre Dame, excitaient la ferveur des fidèles et les engageaient à venir dans ce lieu béni solliciter ses faveurs maternelles.

Les seigneurs et les princes avaient suivi l’exemple et l’entraînement de la foule ; aussi la renommée des bienfaits obtenus par attouchement de la sainte relique s’était répandue jusqu’à la Cour du roi de France.

Louis XIII et Anne d’Autriche, après vingt trois ans d’union stérile, avaient eu recours à l’intercession de la Reine du ciel ; ils avaient fait apporter la sainte Ceinture à Saint Germain en Laye, où résidait Anne d’Autriche, qui, après avoir revêtu deux fois ce glorieux palladium, donnait heureusement naissance à Louis XIV.

Le roi et la reine ne voulurent pas renvoyer sans récompense les deux chanoines qui avaient apporté la sainte Ceinture ; leur voyage fut largement rémunéré ; ils obtinrent des lettres-patentes leur conférant le titre d’aumôniers de la reine ; et le roi accorda pour le Puy Notre Dame l’exemption de l’impôt de guerre. Enfin, deux mois après leur retour, les chanoines recevaient de la part du roi une magnifique châsse en argent vermeil, destinée à garder perpétuellement la Ceinture de la Vierge.

Quelques années plus tard, en 1642, Anne d’Autriche vint visiter la ville de Saumur, accompagnée du jeune dauphin. Le Chapitre du Puy Notre Dame députa vers Leurs Majestés plusieurs chanoines pour les complimenter. Pendant le discours académique prononcé au cours de la réception officielle, la reine, jetant des regards distraits sur la foule qui l’entourait, reconnut le chanoine de Saint-Christophe, Antoine Gourdault, un de ceux qui lui avait apporté la sainte Ceinture ; elle fit interrompre la harangue, et présentant le jeune roi, au bon chanoine :

« Messire de Saint-Christophe, voici un des fruits de votre Ceinture. »

Cet enfant devait être plus tard Louis XIV , couvrir la France de gloire et donner son nom à son siècle. Après de si beaux et si glorieux hommages, qu’il semble qu’on ne puisse rien désirer de plus pour l’honneur de la sainte relique, celle-ci fut entourée plus que jamais du respect et de la vénération non seulement des habitants de la paroisse, mais des fidèles de tous les environs. L’église du Puy Notre Dame devint, aux yeux des populations chrétiennes du Saumurois, comme l’arche sainte renfermant l’objet de leur dévotion et de leur amour ; les affligés la regardaient comme un lieu de refuge où ils aimaient à venir prier dans toutes leurs peines et les difficultés de la vie. On exposait chaque jour la sainte relique sur l’autel ou la faisait biser aux fidèles, et, tandis que pour les offices ordinaires de la paroisse on ne brûlait que de la cire jaune, deux beaux cierges de cire blanche servaient à l’accompagner chaque fois qu’on la portait de la sacristie à l’église et de l’église à la sacristie. Les offices étaient célébrés avec toute la splendeur et la pompe imaginables.

Aujourd’hui, nous ne pouvons guère nous rendre compte de ces beaux offices où, à la majesté du chant, à la splendeur des cérémonies, s’ajoutaient l’éclat des en-voto, la richesse des ornements, le rayonnement de l’or et de l’argent. Pendant plusieurs siècles, ce fut dans l’église du Puy, en l’honneur de la Sainte Vierge, un concert de louanges ininterrompu jusqu’à la tourmente révolutionnaire.

Aux jours de fête, un calice et un ciboire du plus grand prix servaient à la messe. Les mêmes jours, ou le riche reliquaire offert par Louis XIII dont nous avons parlé plus haut, on voyait devant la Ceinture, sur des tables en argent, la statue en pied du roi Louis XI, revêtu des insignes de la royauté ; les bustes des trois princes, ses enfants ; un grand modèle de la Sainte Chapelle de Paris, tout cela en argent massif, et de plus une poule en or, de grandeur naturelle, avec douze poussins de même métal, emblème de Notre Seigneur et de ses apôtres.

Les dignitaires du prieuré, , le chapitre, les chapelains et la maîtrise se joignaient au clergé paroissial pour chanter l’office en musique. Au milieu des vapeurs parfumées de l’encens, les voix fraîches et enfantines de la psallette alternaient avec les voix graves des chantres du chapitre, pendant que le grand orgue, jetant tout à coup sous les voûtes sonores ses grandes et mâles harmonies, portait jusqu’au trône de Dieu les hommages de tous les fidèles.

Cet orgue était placé au dessus de la grande porte, dans un immense jubé qui tenait toute la largeur de l’église On y montait par l’escalier du petit clocher, aujourd’hui encore existant. Le 6 octobre 1827, le prieur du Puy dom Valentin Pellion, fit marché, à Poitiers, avec Jean Oury, facteur d’orgues, pour la somme de 2700 livres. Il écrivit en même temps à Charles Blondé, procureur de la Fabrique, pour proposer à l’assemblée des conclaves un organiste nommé Jean Chauvet, prêtre, pour toucher l’orgue, quand il serait posé. Et le dimanche 17 octobre, sur les onze heures du matin, à l’issue de grand’messe, en présence de Maîtres Michel Fardeau, curé du Puy, Antoine Bienvenu, Maurice Garnier, Jacques Quétineau, chanoines, et d’un grand nombre des principaux habitants de la paroisse, le sieur Chauvet accepta la place d’organiste, promit et s’engagea de jouer des dites orgues, après qu’elles seront posées et mises dans l’église, tant aux matines des fêtes solennelles, grand’messes et vêpres, qu’aux jours de dimanches et fêtes de chaque année, et encore aux vêpres des vigilles tant des dimanches que fêtes chômables et s’acquitter du tout bien et fidèlement et à perpétuité. Ce fait pour la somme de cent vingt livres tournois, aux charges néanmoins et protestations faites par les habitants qu’au cas que ledit Chauvet ne fut pas capable de son art, de le destituer et mettre hors de sa charge toutes fois et quantes que bon leur semblera

La galerie, les colonnes et le plancher destinés destinés à soutenir le buffet d’orgue furent construits par Amelot et Simon Ecot, menuisiers à Poitiers ; ils coûtèrent 641 livres. Le plan en fût dressé par le facteur Ourry, en présence de Me Baillargeau, notaire au Puy, qui rédigea l’acte du marché.

Ce fût dans cette même année, 28 mai 1628, que le comptable de la Fabrique alloua une somme de 95 livres à Jacques Malécot, blanchisseur, pour avoir blanchi les trois premières voûtes et les deux premiers piliers de l’église. Cet horrible badigeon, dont il reste encore malheureusement des traces sur quelques chapiteaux, fût enlevé, en 1851, au moment de la restauration des colonnes.

Les fêtes liturgiques, en particulier celles de la Sainte Vierge, se célébraient donc au Puy avec une solennité que facilitaient les grandes richesses de l’église et le nombreux clergé établi par Louis XI. Tous les ans ont faisait venir quelques religieux pour annoncer la parole de Dieu aux populations de l’Anjou et du Poitou qui s’y rendaient en foule, principalement à la fête de la Sainte Ceinture, le 31 août, aux quarante heures qui avaient lieu à l’Assomption, pendant l’Avent et le Carême.

En l’année 1654, les habitants du Puy furent témoins d’une espèce de prodige, qu’on aurait peine à croire s’il n’était expressément relaté dans les archives de la Fabrique. Un petit prédicateur de 7 à 8 ans se fit entendre, pendant 5 jours, dans l’église du Puy, à la grande satisfaction du clergé et du peuple. Cet enfant, dont on regrette de ne pas connaître le nom, était accompagné de son père et d’un serviteur. Le trésorier de la Fabrique paya 14 livres au sieur Charles Falloux, hôte du Lyon d’Or, pour la dépense qu’ils firent en sa maison pendant leur séjour au Puy. L’ardeur et le zèle des fidèles pour assister aux processions n’étaient pas moindres que pour entendre la parole de Dieu.

Chaque année, le jour de la Saint Louis, le 25 août, la paroisse faisait une procession et célébrait un service pour le repos de l’âme de Louis XI . C’était un acte de reconnaissance envers ce généreux bienfaiteur, à cause de tout ce qu’il avait fait en faveur du Puy.

Tous les ans à la Sainte Eutrope, le 30 avril, on allait en procession à la chapelle du Rozay, sur la paroisse du Vaudelnay. Le mardi de la Pentecôte, on allait à l’Abbaye d’Asnières. Le vendredi devant le dimanche des Rameaux, il avait procession à Notre Dame de Pitié ; c’était une chapelle érigée en l’honneur de Notre Dame des Sept Douleurs au milieu du carrefour de la Paleine. Ruinée et saccagée par l’impiété révolutionnaire de 1793, elle fut reconstruite lorsque Napoléon 1er rendit la paix à l’Église de France ; mais elle ne devait pas subsister longtemps.

En 1833, Mr Leroy, maire du Puy Notre Dame, présenta au Conseil municipal une pétition dans laquelle les officiers de la Garde Nationale demandaient qu’on fit démolir la chapelle, arracher les arbres et niveler la place, afin d’y pouvoir réunir la Garde Nationale pour les revues et les exercices militaires, ce qui fut arrêté et exécuté. Il y avait encore sur la place de la Paleine un beau calvaire avec croix de mission. La croix fut profané et abattue pendant la révolution de 1793 et sa base disparut en même temps que la chapelle, en 1833.

Les processions des Rogations se rendaient ordinairement aux églises des paroisses voisines : à Saint Martin de Sanzais, à Saint Pierre de Bagneux, à la chapelle de Baugé, à Notre Dame de la Prée en Brignon, à Ferrières, à Saint Pierre du Vaudelnay, à Saint Hilaire de Rillé. Il y avait en outre des processions extraordinaires à des distances effrayantes pour la tiédeur et la mollesse de nos jours. Au mois de novembre 1668, un grand nombre d’habitants du Puy se rendent processionnellement aux Ulmes de Saint Florent, en suite du miracle de l’apparition de Notre Seigneur au Saint Sacrement de l’autel. Le comptable de la Fabrique alloue aux porteurs de croix, bannière, eschilettes, etc, qui assistent à cette procession, 7 livres 15 sols pour leur dépense.

Citons, pour mémoire, une procession de la paroisse du Puy Notre Dame aux Ardilliers de Saumur en 1612 ; une autre à Saint Martin de Candes, le 23 juin 1613; une à Notre Dame de Recouvrance ; une à Notre Dame des Gardes, près de Cholet, en 1625 ; une, à Saint Pierre de Saumur, en 1678, à l’occasion de la canonisation  Saint Pierre d’Alcantara ; une à Notre Dame de Liesse à Fontevrault, en 1595 etc...

Le bien-être qui nous procure aujourd’hui tant de confortable, la facilité avec laquelle nous voyageons en voiture, en chemin de fer, et même en auto, nous ont fait perdre l’habitude de la marche à pied, et nous regardons comme un tour de force ce qui n’était qu’un jeu pour nos pères. De plus, leur foi agissante était pour eux un stimulant qui n’a plus d’efficacité dans nos âmes tièdes et languissantes ; et notre nature indifférente à tout ce qui est de la religion éprouve un frémissement à la seule pensée d’un pareil voyage accompli à pied, le chapelet à la main. Nous admirons ces chrétiens de vieille roche, mais nous ne voulons pas les imiter. Sans doute, nous n’avons pas renoncer à l’espoir d’aller les rejoindre au ciel, mais nous voulons nous y rendre dans la voie large et facile des plaisirs et des jouissances, et non dans le sentier rude et étroit de la pénitence et de la privation ; chaque jour, nous mourons en riant parce que nous ne comprenons plus la parole de Notre Seigneur : le royaume du ciel ne se prend que par la violence c’est à dire la mortification, la pénitence. Cette ferveur dont les habitants du Puy donnaient autour d’eux un si bel exemple, les populations des environs la partageaient avec eux.

La Revue du Maine et de l’Anjou nous apprend que, le 31 août de chaque année, se célébrait dans l’église du Puy Notre Dame la fête de la Sainte Ceinture. Ce jour là, toutes les richesses du Trésor paraient les autels de la basilique ; les maisons à plus d’une lieue à la ronde étaient pleines de voyageurs accourus de toute part pour assister à cette belle solennité. Les champs environnant le Puy ressemblaient à un vaste camp rempli de pèlerins, qui, tous, ne s’éloignaient jamais sans avoir baisé la précieuse relique ; ils lui faisaient toucher des chapelets, des croix, des médailles, des rubans, des galons ; et toujours, le lendemain de la fête, le Chapitre avait à enregistrer quelque nouveau miracle opéré par l’attouchement de la Sainte Ceinture. Cette vénération que l’on avait dans tout le pays pour notre relique insigne se manifestait encore à distance par des signes extérieurs. Rien de plus beau et de plus glorieux pour notre église, que cet hommage public de toutes les paroisses environnantes rivalisant entre elles de foi et de ferveur, et formant autour d’elles comme une ceinture, une couronne de confiance et d’amour ; dans leurs processions, prêtres et fidèles s’inclinaient avec respect vers le sanctuaire de la Sainte Ceinture, ils se signaient à sa vue et s’arrêtaient pour saluer la Bonne Dame du Puy en chantant le Salve Regina.

Du plus loin que les pieux pèlerins apercevaient la ville de Marie, construite sur une éminence, et la flèche de l’église qui faisait sa gloire, ils se jetaient à genoux et récitaient la Salutation angélique. C’était également passé en usage parmi les habitants de la paroisse, et j’ai connu des vieillards qui se rappelaient encore l’avoir vu pratiquer communément dans leur enfance. Dans le chemin qui va de la Croix-Gloriette à Chavannes par le Haut-Buard, l’endroit où se récitait cette prière avait pris et a gardé jusqu’à nos jours le nom de sentier de l’Ave. Quelques paroisses des environs, je citerai Tigné comme exemple, ont conservé l’habitude plusieurs fois séculaire, de s’arrêter aux jours des processions, à un endroit de la route où l’on aperçoit la flèche de notre église, et de chanter un Salve Régina , tout le monde tourné vers le Puy. La dévotion des pèlerins envers la Sainte Ceinture devait nécessairement exciter leur générosité à l’égard de l’église et provoquer leur reconnaissance pour les bienfaits reçus.

Nous allons en raconter quelques traits choisis parmi les plus édifiants.

C’était sur la fin du règne de Charles VI, en 1421, Guérin, seigneur des Fontaines, dans la paroisse des Verchers, profondément touché des malheurs de la France, entreprit de chasser les Anglais de l’Anjou. La Bonne Dame du Puy reçu la prière du valeureux guerrier , elle l’exauça. Guérin attaqua l’ennemi près du Vieil Baugé, le 22 mars, la veille de Pâques ; il le défit complètement et tua de sa propre main le duc de Clarence, frère du roi d’Angleterre. Plus terrible que la faux au jour de la moisson, le glaive de l’armée angevine coucha par terre l’élite de la noblesse de l’Angleterre ; la bannière du duc tomba aux mains du Seigneur des Fontaines, et, dans sa reconnaissance, il vint en faire solennellement hommage à sa divine protectrice, dans son sanctuaire du Puy. On put voir, pendant plusieurs siècles, ce glorieux trophée suspendu aux voûtes de l’église. En 1620 le protestantisme promenait la dévastation partout dans notre belle France, le noble royaume de Marie. Une assemblée générale de Huguenots, tenue à La Rochelle, malgré la défense du roi, rejetait ouvertement l’autorité royale, proclamait le règne et la religion des Réformés, et appelait tous les calvinistes aux armes pour s’emparer du gouvernement de la France. C’étaient les guerres de religion qui recommençaient, et aucun bras ne se sentait assez fort pour terrasser cette insurrection subite. Alors la Vierge puissante prit en pitié son peuple en détresse ; elle inspira à Louis XIII pendant le siège de La Rochelle, qui était comme le boulevard du protestantisme dans l’ouest, de recourir à sa vénérée ceinture.Le pieux roi mit donc sous la garde de la Bonne Dame du Puy le succès de ses armes. La prise de La Rochelle par l’armée catholique eut pour résultat la mort du protestantisme dans la France, comme parti politique. Il eut beau s’agiter encore quelques temps: vaines convulsions d’une agonie tourmentée. Ses jours étaient désormais comptés ; le dernier ne devait pas être loin.

La paix d’Alais (28 juin 1629) proclama le triomphe définitif de la religion catholique dans notre pays, et les dévots de la Sainte Ceinture purent encore voir de beaux jours. A l’exemple de Louis XIII, le duc de la Trémouille connut heureusement les bienfaits de la relique du Puy. Séduit un instant par les erreurs de Calvin, il abjura le protestantisme en l’année 1670, et fit profession dans la foi catholique dans l’église cathédrale d’Angers, entre les mains de Mgr Henri Arnauld, évêque de cette ville, d’une manière si édifiante qu’il causa sans doute autant de joie aux anges du ciel qu’il en avait procuré aux bons catholiques sur la terre. Après son retour dans l’église catholique, il vint au Puy Notre Dame en action de grâces, reconnaissant qu’après Dieu il était redevable de sa conversion à la toute puissante intercession de la Sainte Vierge ; et, comme il aperçut, en visitant le trésor de cette église, un calice magnifique au bas duquel était en relief les armes de sa maison, il témoigna un sensible plaisir de trouver ce présent que ses prédécesseurs, ducs de la Trémouille, seigneurs de Thouars, avaient donné au Puy pour y célébrer la messe dans la religion qu’il venait d’embrasser. Les religieuses du couvent de la Fougereuse, avaient été obligées de quitter leur monastère et étaient venues s’établir dans un château appelé la Touche-d’Illerin, près Argenton Chateau, où elles séjournèrent l’espace de sept à huit mois. En reconnaissance de leur guérison, elles envoyèrent à l’église du Puy une lampe d’argent avec les deux lettres suivantes :

A Messieurs les Doyen, chanoines et chapitre de l’Église royale du Puy Notre Dame De la Fougereuse, 6 septembre 1682

Messieurs

La dévotion que nous et notre communauté avons à la Sainte Vierge, et les assistances que nous en avons tirées, nous ayant porté à lui vouer une lampe d’argent, le respect que nous avons pour la sainte relique que votre église a l’honneur de posséder, et la piété qui paraît dans votre célèbre Chapitre nous l’a fait préférer à tout autre, espérant avoir part à vos saintes prières. C’est la grâce que nous vous demandons et, celle d’agréer que cette lampe brûle, un an durant, devant le grand autel de votre église. Nous avons donné ordre à notre procureur de satisfaire ce qu’il faudra pour cela. Je suis avec bien du respect, Messieurs, votre très humble servante. Soeur Marie Turpin, supérieure. En même temps, cette bonne religieuse écrit au chanoine-chantre pour le prier d’agréer cet ex-voto, avec les conditions qu’elle désire y mettre.

A Monsieur le Chantre du Puy Notre Dame, en Anjou

De la Fougereuse, 6 septembre 1682 

Messieurs

Je suis si persuadée de votre générosité et de celle de votre illustre Chapitre, que je me promets facilement que mon présent sera bien venu : au moins est il offert avec bien du zèle et de l’affection. Je le souhaiterais plus considérable, il y aurait plus de joie à vous le présenter. Vous nous obligerez fort que cela fut écrit sur les registres de votre Chapitre, afin que nous ayons part à vos saintes prières. Je vous supplie très humblement de nous accorder la faveur que j’estime beaucoup. Je suis très parfaitement, Monsieur, votre humble servante.

Soeur Marie Turpin, supérieure

Outre cette lampe d’argent donné par le couvent de la Fougereuse il y en avait encore, attachés aux murs du sanctuaire ou suspendues aux voûtes, quelques autres offertes par la piété et la reconnaissance des fidèles ; l’une d’elles était un présent de la duchesse de Brissac. Les siècles suivants n’ont rien ôté à la glorieuse Ceinture de sa vertu merveilleuse, pas plus qu’ils n’ont pu diminuer la puissance de Marie ; par conséquent, imitons nos pères dans leur foi et leur confiance en la sainte Ceinture et, comme eux, nous en ressentirons les bienfaits innombrables. 

L TUSSEAU

Curé du Puy Notre Dame