La guerre de la Fontaine Blanche
Lorsque j'ai vérifié la délibération du conseil municipal du Puy Notre Dame concernant la vente de la Collégiale pendant la révolution, j'ai prolongé ma lecture sur le registre municipal et par curiosité Je suis tombé par un heureux des hasards sur un événement révélé qui nous parait aujourd'hui complètement dépassé à l'heure des regroupements et des communes nouvelles. Les élus du syndicat d'eau du Puy et du Vaudelnay, repris aujourd'hui par la communauté d'agglomération de Saumur, n'en reviendraient pas tellement la bonne entente y régnait dans les années 1990.
L'eau courante est arrivée dans nos communes en 1953 et cet épisode seulement 90 ans auparavant .L' histoire concerne une querelle entre les deux municipalités au sujet de la Fontaine Blanche, bien connue des habitants et située sur la route de Vaudelnay, au lieudit "Le Bois Sicard" et le magnifique lavoir implanté derrière le cimetière .
Les deux conseils municipaux de l'époque, poussés sans doute par certains habitants, se disputaient l'eau du ru dénommé "La cheneau" qui ressort à la Fontaine Blanche pour s'écouler jusqu'au Thouet .
Mais si chacun semblait se disputer la source et on ne savait si elle sortait de la côte du Puy ou des bas du Vaudelnay . Toujours est il que j'ai pu ressortir aujourd'hui le texte d'une délibération du Conseil Municipal du Puy Notre Dame qui nous semble désuet aujourd'hui mais qui était un véritable enjeu à l'époque où les machines à laver le linge n'existaient pas .
Je vous en donne connaissance avec beaucoup sel mais je suis sur que les édiles actuels prendront le parti de découvrir cette période, sans pour cela déterrer les battoirs réservés uniquement aux lavandières Les poignées de mains entre les deux communes ont depuis bien longtemps effacées les traces de rébellion de nos administrés
Je vous souhaite une bonne lecture
Dominique Monnier
L'an mil huit cent soixante trois, le vingt six novembre le conseil municipal de la commune du Puy Notre Dame s'est réuni au lieu ordinaire de ses séances sur la convocation de Mr le Maire et sous sa présidence en vertu d'une autorisation de Mr le Sous Préfet en date du 17 de ce mois
Etaient présents : MM Pasquier, Guyard, Leffet, Mestreau, Desplaces, Haury, Roger, Proust Dominique et Nau, Maire, Colleau. Mr Guyard ayant été désigné pour remplir les fonctions de secrétaire a pris place au bureau. Mr le Maire, déclarant la séance ouverte, communique au conseil municipal une délibération du conseil du Vaudelnay datée du 15 septembre dernier dans laquelle celui ci , après avoir fait un exposé, qui n'est qu'une fausse interprétation de la délibération du 30 septembre 1862 de l'administration municipale du Puy Notre Dame, soumet de nouveau à l'autorité supérieure ses prétentions de ne permettre aux habitants du Puy de laver leur linge qu'à la condition que leur commune paiera à celle du Vaudelnay une rente annuelle de cinquante francs Le conseil municipal de la commune du Puy Notre Dame fait d'abord observer qu'il n'a jamais eu la pensée de dire que la Fontaine blanche fut située sur son territoire mais que cette source était située entre les deux communes, ou si on comprend mieux à une distance à peu près égale d'un clocher à l'autre. Il est vrai aussi que des personnes qui faisaient officieusement sans doute le nettoyage de la fontaine de temps à autre, recueillaient au Puy des souscriptions volontaires pour ce travail. Ensuite le conseil municipal après avoir délibéré à l'honneur d'observer à l'autorité supérieure que le Puy Notre Dame situé sur une élévation à plus de huit kilomètres des rivières, privé" d'eau de source nécessaire pour sa population sur son territoire, n'a jamais eu d'autre lavoir exclusif que la Fontaine blanche située seulement à deux kilomètres environ de son clocher. Cette fontaine située sur le bord du chemin de grande communication n° 27 du Puy à Montreuil et que jamais main d'homme ,n'a embellie ou appropriée par la prévoyance administrative, semble avoir été placée là par les soins de la nature pour les besoins de la population environnante sans distinction. Cette source si précieuse est tombée dans le domaine public par son usage depuis un temps immémorial Elle donne naissance à un ruisseau qui alimente deux usines et il semble que la commune du Vaudelnay aurait aussi mauvaise grâce à demander une indemnité aux propriétaires des usines qu'aux habitants qui vont se laver. Depuis un an seulement la commune du Vaudelnay, excitée on ne sait par quel sentiment de discorde que lui ont inspiré certaines personnes pour désireuses de semer le trouble partout, affecte des prétentions de nature à faire cesser la bonne harmonie qui a toujours régné entre les habitants de ces deux communes et à provoquer des représailles regrettables. Il y a deux ans l'administration du Vaudelnay nous avait engagé à participer à des frais d'embellissement et d'appropriation qu'elle était disposée à faire à la fontaine blanche. Le conseil municipal du Puy Notre Dame avait mis le plus grand empressement à répondre à cette invitation et avait recueilli des habitants du Puy une somme de 400 francs qu'il avait mis à la disposition du maire du Vaudelnay. Mais dans l'espace de huit jours, celui ci avait changé d'avis et refusa d'accepter ce qu'il demandait quelques jours auparavant de sorte qu'il fallait remettre aux souscripteurs leur argent et aucun travail ne fut fait. Après cet exposé le conseil considérant , que les habitants du Puy ont acquis par un usage continu qui date d'un temps immémorial le droit de laver leur linge à la fontaine blanche, est unanimement d'avis de continuer cet usage et de refuser d'obtempérer aux prétentions de la commune du Vaudelnay Cependant il déclare que quand cette commune voudra faire des travaux nécessaires, soit pour l'agrandissement, soit pour l'appropriation de cette fontaine, la commune du Puy Notre Dame sera disposée à participer pour la moitié dans les frais qui seront à ce sujet et seront l'objet d'un devis dans les formes